Trophée du but de la dernière décennie : Anthar Yahia «Le but d’Oum Dorman restera gravé dans ma mémoire»

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18 novembre 2009, voilà une date qui restera à jamais gravée dans la mémoire de tous les Algériens. Ce jour-là, Anthar Yahia avait réussi, à la 42′, à faire trembler les filets du gardien de but égyptien Issam
El Hadary. Un but qui a permis à l’Algérie de retrouver le Mondial, après 24 ans d’absence. Lors de la cérémonie de la dixième édition du Ballon d’Or, Le Buteur et El Heddaf ont tenu à récompenser Anthar Yahia qui s’est vu remettre le trophée du but le plus important de la dernière décennie.

On vous a décerné le prix du but de la dernière décennie, celui que vous avez marqué à Oum Dorman face à l’Egypte, vos sentiments ?
C’est un immense plaisir pour moi et un honneur aussi. Ce but symbolise pour moi une grande aventure qu’on a vécue ensemble. Ce but restera à jamais gravé dans ma mémoire.
M. Abdelaziz
Belkhadem, représentant personnel du Président de la République, a encore une fois parlé de vous, grâce à ce but historique marqué aux Egyptiens. Qu’est-ce que cela vous fait ?
Je ne vous cache pas que j’estime beaucoup M. Belkhadem. C’est quelqu’un qui aime beaucoup l’Algérie. A travers ses différents discours, j’ai relevé en lui l’homme nationaliste. Même mon père l’estime bien. Je vais vous raconter même une anecdote de lui.
Oui, allez- y…
Quand on est revenus du Soudan avec la qualification au Mondial, M. Belkhadem m’avait dit que même si on avait joué sur la planète mars, on aurait gagné aussi. Cette déclaration m’est restée gravée dans la mémoire.
Au Caire, vous avez refusé de serrer la main aux joueurs égyptiens, mis à part Abou Trika…
Tout à fait et je l’ai fait par conviction et je l’assume ! J’ai refusé de serrer la main à des joueurs qui n’ont eu aucun mot de compassion avant la rencontre, alors que la veille, des joueurs de l’EN ont été agressés dans leur bus. Ils n’ont rien voulu dire. Pour moi, la seule personne qui méritait le respect, c’est Mohamed Abou Trika. Je lui ai serré la main à la fin du match, et je l’ai même félicité pour sa production. J’assume la responsabilité de mes actes. D’ailleurs, les joueurs égyptiens m’ont rendu la pareille lors de la demi-finale de la CAN en Angola.
Que s’est-il passé au juste lors de ce match ?
Avant le match, ils ont serré la main à tous mes coéquipiers, sauf moi. Je n’ai pas accordé d’importance à cela. Je vous assure que pour moi, le plus important était de les avoir battus.
Parlons maintenant de votre parcours avec votre équipe, vous avez réussi à vous imposer lors des trois dernières rencontres de Bochum…
Ecoutez, je joue régulièrement avec mon club Bochum. Dernièrement, je n’ai pas joué et mon équipe s’est inclinée sur le score de quatre buts un. Au total, j’ai pris part à 11 matchs, sur les 16 que mon équipe a disputés jusqu’à présent. J’ai aussi marqué deux buts. Un bilan somme toute positif.
Votre retour au premier plan coïncide avec un bon parcours de Bochum en Bundesliga 2…
Oui, on enregistre de bons résultats. Moi, quand je suis en forme, j’aide beaucoup mon équipe. J’espère que je maintiendrai ma belle forme, car j’ai le Maroc à l’esprit.
Vous avez parlé du Maroc, une rencontre capitale qui vous attend en mars prochain. Pensez-vous que les chances de qualification sont réduites, après la défaite face à la RCA ?
On est dos au mur, c’est une certitude. Pour moi, il faudra se ressaisir face au Maroc. On ne doit pas trop parler de ce match, il faut qu’il y ait des actes.
Face au Maroc, vous allez quitter votre jardin de Blida pour retourner le 5-Juillet. Vous en tant que capitaine d’équipe, comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?
Ecoutez, cette décision ne me perturbe en aucune manière. Il faudra qu’on se montre solidaires nous les joueurs et que nos supporters viennent très nombreux au stade pour gagner.
Considérez-vous Algérie-Maroc comme étant un match de vie ou de mort ?
Un match de vie ou de mort, je pense qu’on est allé très loin. Il ne faut pas faire sortir le match de son cadre sportif. C’est un match important, certes, car en cas de victoire, nous nous relancerons dans ces éliminatoires, il va falloir gagner. Moi, je n’imagine pas un autre scénario qu’un succès. Il faut se mettre dans la tête qu’on est dos au mur. Comme on l’a été lors des éliminatoires de la Coupe du monde, en allant s’imposer en Zambie. Il faut que cet état d’esprit revienne. Moi, je suis un joueur et Dieu seul sait ce qui va se passer. Néanmoins, je promets qu’il y aura des guerriers sur le terrain.
L’invité d’honneur de la soirée est Emilio Butragueno, l’ex- star du Real Madrid…
Oui, j’ai vu des séquences vidéo de ce joueur qui était vraiment brillant. Je tiens à encourager Le Buteur pour cette cérémonie grandiose. Je tiens aussi à vous préciser que j’étais vraiment touché par la fait qu’on ait accordé de la reconnaissance aux anciens internationaux comme Yazid Mansouri, Rafik Saïfi, Zaoui et Slimane Raho. Je dois aussi dire que Madjid Bougherra mérite ce Ballon d’Or, car il fait un bon parcours avec son club. Pour Djabou, je pense que c’est un bon joueur aussi.

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